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André Prévost

André Prévost compte parmi les compositeurs canadiens les plus importants et sa renommée a depuis longtemps dépassé nos frontières. Sa production exceptionnellement diversifiée compte une soixantaine d'oeuvres pour orchestre, soliste(s) et orchestre, choeur ainsi que des oeuvres pour de multiples formations de musique de chambre. Sa musique a été exécutée sur les cinq continents et les nombreuses commandes qu'il a reçues témoignent du haut niveau d'estime dont elle est l'objet.

Né en 1934 dans une famille de musiciens, André Prévost est originaire de Saint-Jérôme, Québec. En 1951, il entre au Conservatoire de musique de Montréal où il étudie la composition avec Clermont Pépin de 1955 à 1960. Durant ces années, il se mérite plusieurs prix dont le premier prix de musique de chambre de la Fondation Les Amis de l'Art, le premier prix de composition Sarah Fisher et, en 1960, le premier prix de composition du Conservatoire. Des bourses du Conseil des arts du Canada et du gouvernement du Québec lui permettent de séjourner pendant deux ans à Paris; il s'inscrit au Conservatoire dans la classe d'analyse d'Olivier Messiæn et travaille la composition avec Henri Dutilleux à l'École normale de musique. De retour au Canada, il remporte le Prix d'Europe (1963) qui le ramène à Paris pour suivre des cours d'électroacoustique à l'ORTF avec Michel Philippot. A l'été 1965, on le retrouve à Tanglewood, au Berkshire Music Center, dans les classes de Zoltan Kodaly, Aaron Copland, Gunther Schuller et Elliott Carter.

Prévost connaît ses premiers grands succès avec FANTASMES (1963) qui lui vaut le Prix de l'Orchestre symphonique de Montréal; après la création de l'oeuvre aux États-Unis par le Toronto Symphony Orchestra à Carnegie Hall, Harold C. Schonberg écrit dans le New York Times que FANTASMES «communique un authentique sentiment d'urgence et s'affirme impressionnante». À trois reprises, il est choisi pour écrire l'oeuvre canadienne imposée au Concours international de Montréal : PYKNON (1966), « Il fait nuit lente » extrait d'HIVER DANS L'ÂME (1981) et VARIATIONS ET THÈME (1988). TERRE DES HOMMES (1967), en collaboration avec la poétesse Michèle Lalonde, vaste fresque pour deux récitants, trois churs et grand orchestre avec double effectif de cordes, inaugure le Festival mondial d'Expo 67 et contribuera à assurer à son auteur une reconnaissance internationale. Selon Gilles Potvin, critique musical du journal montréalais LE DEVOIR, «peu d'oeuvres musicales créées au Canada possèdent un souffle d'une telle intensité, une vision aussi vaste du monde.» Sa CANTATE POUR CORDES (1987) est écrite à la demande de Yehudi Menuhin et créée par lui au Festival du printemps de Guelph, Ontario, pour ensuite faire l'objet d'une importante émission de télévision intitulée «Menuhin-Prévost, une aventure créatrice» et diffusée par la Société Radio-Canada au pays et en Europe; l'émission réalisée par James Dormeyer, reçut une Mention spéciale au Prix ITALIA, à Rome (1990) et The Rodgers Communications Inc. Media Award (1991).

Le langage musical de Prévost ne se prête pas facilement aux étiquettes : il se rattache davantage à son tempérament qu'à une école. Le compositeur utilise librement les techniques et procédés d'écriture contemporains et sa notion de structure est avant tout celle d'un organisme vivant : elle se développe à l'intérieur de l'oeuvre elle-même, à partir de ses éléments comme de son «souffle». Et cette oeuvre reflète une constante préoccupation du sort fait aux êtres humains, une réflexion approfondie sur la condition de l'homme. «Je ne peux simplement pas m'empêcher de faire passer mes préoccupations spirituelles dans mes oeuvres. Il est certain que je suis fortement motivé par la perception de l'univers qui m'entoure et que, pour moi, l'oeuvre de création est un témoignage très important de ma façon de concevoir et d'interpréter cet univers».

L'activité créatrice d'André Prévost se révèle aussi dans l'enseignement. Depuis 1964, il enseigne à la faculté de musique de l'Université de Montréal où il occupe le poste de professeur titulaire. Reconnu comme un éminent pédagogue, il a su inspirer plusieurs générations de jeunes compositeurs.

Parmi les nombreuses distinctions qu'il a reçues, mentionnons la médaille du Conseil canadien de la musique en 1977 et le trophée de la Société des droits d'exécution du Canada en 1985. Il a été investi Officier de l'Ordre du Canada en 1986.


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